Demande d’audition Mr le Préfet le 18 juin 2021‐ Collectif Voix libre

PRESENTATION DU COLLECTIF REINFOCOVID REUNION

Merci de l’audience que vous avez bien voulu nous accorder.
Nous venons à votre rencontre dans un esprit constructif, dans le respect de votre fonction,
dans le souci de porter une voix différente du corps médical, celle des praticiens de terrain,
une voix qui s’est faite discrète, et qui souhaite à présent vous faire part de certaines réalités
vécues qui nous questionnent.

Nous ne nous réclamons d’aucun parti, d’aucune organisation politique, syndicale ou autre.
Nous n’avons aucun conflit d’intérêt. Nous sommes pluralistes, ouverts, et tolérants. Nous
sommes attachés aux valeurs de liberté, d’égalité, de paix et de solidarité.

Nous sommes un collectif de médecins, de professionnels de santé (médecins généralistes,
pédiatres, psychiatres, spécialistes, chirurgiens, infirmières, aides‐soignants, dentistes,
masseurs‐kinésithérapeutes, orthophonistes, psychologues, pharmaciens, puéricultrices,
thérapeutes …), exerçant à La Réunion, et qui se questionnent sur le fait que l’actualité ne
reflète pas la réalité de terrain.

De nombreux citoyens se sont joints au collectif dans un but
commun de questionnement et de désir d’action.

Nous avons conscience que notre situation d’insularité peut amener la question d’une
certaine fragilité au regard de notre éloignement et des moyens dont nous disposons
localement en matière de santé. Mais notre département a déjà connu des situations de crise
et a montré sa capacité à y faire face, pour autant que l’on y travaille de manière collective et
c’est en ce sens que nous souhaitons être force de propositions.

Mr le Président de la république a appelé à la responsabilité de tous, il a aussi précisé que
les départements d’outre‐mer pourraient bénéficier d’adaptations au regard de la situation
sanitaire, bien heureusement maîtrisée à La Réunion et nous souhaitons que cela perdure.
Toutes et tous avons les mêmes aspirations et sommes animés par des valeurs qui sont
celles de notre île : la famille, le partage, la solidarité, la joie et le vivre ensemble, sans
frontières. Des valeurs qui font notre fierté, notre force, notre santé et notre exemplarité.
Nous voulons faire des propositions afin de préserver à la fois notre santé et le vivre
ensemble qui fait notre identité.

Étant au contact de différents publics, nous percevons à quel point cette crise peut basculer
à tout moment dans une grande violence et avec vous, nous souhaitons être entendus pour
l’éviter.

NOS PROPOSITIONS

1-Promouvoir la médecine de ville, au profit des patients Covid +

Sur le même principe que la communication établie par l’ARS à propos de la dengue où «il
est recommandé au patient de consulter immédiatement un médecin en cas de symptômes» et non sur une communication qui aboutit encore trop souvent à l’exclusion des soins en
ville, des patients Covid+ contactés par les cellules de contact tracing de l ‘ARS qui ne
retiennent comme message le plus souvent « isolez‐vous… », Voire « ce n’est pas la peine
d’appeler votre médecin traitant ».

Or, plus qu’ailleurs encore compte tenu de l’évolution en deux temps de cette maladie, il
est fondamental pour les patients (comme dans toute pathologie d’ailleurs, a fortiori pour
la Covid19) dans un contexte local de forte comorbidité et de niveau socio‐économique
largement défavorisé, d’être pris en charge de manière précoce, d’être traités au besoin, et
de mettre en place un suivi infirmier s’il y a lieu pour prévenir et traiter les phénomènes
d’aggravation.

Dans notre expérience quand ceci est fait, qu’un traitement précoce ainsi qu’un suivi
infirmier médecin étroit sont mis en place, la très grande majorité des patients Covid +
peuvent être suivis à domicile et le recours aux urgences bien moins fréquent que pour les
cas de dengue.

L’absence de prise en charge et la situation d’abandon de bien trop de patients en ville du
fait des recommandations sanitaires au début de la crise et de conditions
actuellement non optimales compte tenu des messages véhiculés aux patients (voire
simplement retenus par ceux ci ), doit absolument être entendue des autorités et prise en
compte.

Aussi nous demandons qu’une nouvelle communication de l’ARS, fortement médiatisée et
claire, s’axe de façon délibérée sur la remédicalisation nécessaire et absolue des patients
Covid +, ainsi que sur la mise à niveau de la formation des personnes intervenant sur la
plate‐forme téléphonique en lien avec les patients Covid +. Insistant en premier pour que ces
patients consultent EN PRÉSENTIEL autant que possible leur médecin traitant, ou en cas
d’impossibilité de celui‐ci , tout médecin en capacité de les recevoir.

A CE TITRE, NOUS RECOMMANDONS LA CRÉATION D’UN PARCOURS DE SOIN EN VILLE DU PATIENT
COVID+ avec une prise en charge pluridisciplinaire qui devienne la NORME de la PEC
des patients Covid +.

A plus de 17 mois du début de la crise Covid, ce parcours de soins du patient en ville est
encore bien trop chaotique de l’avis de nombre de médecins et de soignants de terrain, pour
ne pas parler des patients Covid+ retrouvés décédés à leur domicile.

En cas d’indisponibilité ou d’incapacité du médecin traitant à recevoir son patient, le SAS en
cours de développement au niveau de l’ARRMEL et du SAMU pourrait être sollicité pour
s’assurer que tout patient a bien été vu par son MT ou tout autre médecin en capacité de le
faire, avec l’accord de son MT.

2-Harmonisation des tests PCR sur les cycles d’amplification


Les tests RT PCR restent et doivent demeurer des tests d’orientation diagnostiques dans le
cadre d’une prescription médicale.

Certains labos pratiquent des tests PCR avec des cycles d’amplification trop élevé (jusqu’à
45 cycles pour certains) entraînant des résultats de faux positifs pouvant avoir un impact
non négligeable sur les statistiques présentées. Impact sur les conséquences socio‐économiques
de tests mal utilisés en dehors de tout contexte clinique, dans un contexte de sur-inflation à
visée diagnostique ce qui est actuellement largement remis en cause.


3-Veille des effets secondaires post vaccination


Dans le cadre de l’évaluation de phase 3 ou 4 actuellement en cours d’expérimentation et pour la plupart des vaccins anti Covid 19, les laboratoires pharmaceutiques et autorités de
santé recommandent une particulière vigilance quant à tout événement médical pouvant
surgir au décours d’une vaccination qu’il puisse sembler en lien ou non avec la vaccination.

Ainsi, il convient d’être vigilant vis‐à‐vis des éventuels effets secondaires des vaccins en
particulier thromboses vasculaires, purpura thrombopénique et autres troubles
neurologiques.

Dans ce cadre, compte tenu de l’extraordinaire plateforme de veille que représente le SAMU
de l’Île de La Réunion et dans un contexte de vaccination massive de la population, il serait
simple et très judicieux d’inscrire dans l’interrogatoire systématique des ARM la question
d’une vaccination éventuelle en amont (au même titre que les antécédents médicaux) ainsi
que la date à laquelle celle‐ci a été effectuée.

Cette demande permettra ainsi de répondre aux recommandations des laboratoires, aux
nécessités de pharmacovigilance et à la possibilité ultérieure d’études épidémiologiques
uniques dans ce cadre permettant d’affirmer (ou non) un lien apparent ou inapparent avec la vaccination.

Elle correspond également à notre expérience de soignants de terrain qu’il nous paraît vital
de vous remonter aujourd’hui : nos médecins, soignants, citoyens sont étonnés et alertés du
nombre d’effets indésirables QUI NE SONT REPERTORIÉS NULLE PART et dont ils ont
connaissance.
Aussi il nous parait urgent d’assurer et de formaliser cette veille au travers de
la ré‐information de la population et des professionnels de santé, ainsi qu’à travers la
mobilisation d’outils immédiatement disponibles.

De plus, nous appelons l’ARS à communiquer sur la vigilance nécessaire que doivent avoir
la population et les acteurs de santé dans cette veille épidémiologique. La responsabilité des
autorités étant engagée sur les moyens à mettre en œuvre et les messages diffusés.


4-Ainsi par rapport à la vaccination


Pharmacovigilance

Les règles applicables à la pharmacovigilance sont définies par les articles R.5121‐150 à
R.5121‐201‐8 du code de la Santé publique (CSP).

Les règles européennes de bonnes pratiques de pharmacovigilance définissent la manière
dont les professionnels de santé, les autorités sanitaires et le responsable de la mise sur le
marché d’un médicament doivent remplir leurs obligations.

La pharmacovigilance a pour objet la surveillance, l’évaluation, la prévention et la gestion
du risque d’effet indésirable résultant de l’utilisation des médicaments et produits à usage
humain. La pharmacovigilance prend en compte l’ensemble des risques médicamenteux,
que ce risque soit potentiel ou avéré …. La déclaration porte sur tous les effets indésirables,
qu’ils soient graves ou non, attendus ou inattendus.

La surveillance mise en œuvre par la pharmacovigilance s’exerce notamment vis‐à‐vis des
éventuels effets indésirables graves et/ou non identifiés avant la mise sur le marché des
médicaments.
La mise en évidence de tels effets indésirables peut faire rediscuter le rapport
bénéfice/risque du médicament en fonction de leur fréquence et de leur gravité.

La pharmacovigilance s’attache également à identifier les facteurs favorisant l’apparition des
effets indésirables et propose des mesures à prendre pour informer sur le risque de
survenue d’effets indésirables, prévenir ce risque et/ou en diminuer la gravité.


Définition d’un effet indésirable médicamenteux

Un effet indésirable est une réaction nocive et non voulue, due à l’utilisation d’un
médicament à posologie habituelle ou résultant d’un mésusage du médicament.
Cette définition sous‐entend qu’il existe un certain degré de relation causale (imputabilité)
entre la prise du médicament et la survenue de l’effet.
En l’absence de lien causal ou si ce dernier n’a pas été recherché, on parlera d’événement indésirable.

Un effet indésirable grave est un effet entraînant :
‐ le décès,
‐ la mise en jeu du pronostic vital,
‐ une hospitalisation (ou une prolongation d’hospitalisation),
‐ une invalidité ou une incapacité significative,
‐ des séquelles,
‐ des malformations ou des anomalies congénitales (médicament pris par la mère avant ou
pendant la grossesse).

Un effet indésirable sera dit non grave s’il ne répond à aucun des critères de gravité
ci‐dessus.

Déclaration d’un effet indésirable médicamenteux et/ou vaccinal

Cela est la même chose dans la mesure où un vaccin répond strictement à la définition du
médicament et possède une AMM. D’ʹautant plus que c’est une AMM conditionnelle qui
a été donnée pour 1 an sur des données incomplètes.


Qui doit ou peut déclarer des effets indésirables ?

Les professionnels de santé : Tout médecin, chirurgien‐dentiste, sage‐femme ou
pharmacien ayant eu connaissance dʹun effet indésirable suspecté dʹêtre dû à un
médicament a lʹobligation de le déclarer. Tout professionnel de santé qui a constaté ou a
connaissance dʹun effet secondaire peut en faire la déclaration.

Les patients et associations de patients.

Les entreprises pharmaceutiques doivent par ailleurs signaler tout effet indésirable
grave suspecté dʹêtre lié à un de leurs médicaments et dont elles ont connaissance via la
base de données européenne Eudravigilance.

Ainsi nous appelons les autorités de santé, les vaccinateurs et toute autorité
organisant la vaccination, à veiller que (respect du Code de Nuremberg) :

  • chaque patient vacciné ait été au préalable informé loyalement PAR LA PERSONNE QUI VACCINE des effets possibles de l’acte médical qui lui est proposé, du rapport bénéfice/risque concernant son cas particulier, ainsi que du contexte d’étude clinique en cours, dans laquelle il devient volontairement un sujet de l’étude.
  • qu’il soit remis au patient, comme le font les spécialistes pour tout acte médical non anodin, un formulaire de consentement éclairé, signé par le vaccinateur et le patient (donc un exemplaire chacun).
  • que l’ARS s’engage à communiquer de façon transparente sur la vaccination et à refuser toute forme de propagande de la part des acteurs sanitaires, ainsi que toute forme de pression ou de chantage, la vaccination à ce stade étant dite au libre choix du patient, ainsi que l’a rappelé le Président.

Dans le cadre de la demande même des laboratoires à ce stade de l’essai clinique de
phase 3 et du devoir de vigilance des autorités sanitaires, il importe de mobiliser des
ressources à même de relever de façon très simple tout lien éventuel avec la
vaccination de masse.

Ainsi le SAMU de par sa mission de service public, est en mesure de façon immédiate de relever lors de l’interrogatoire usuel mené par les ARM, de noter de façon systématique dans le dossier si le patient appelant est vacciné à une dose à deux doses ainsi que les dates d’injection.

À ce niveau, il s’agit d’une simple décision politique du pouvoir sanitaire qui ne demande aucune adaptation de logiciel et est applicable immédiatement.

Pour les études à venir qui sont des éléments indispensables de la veille sanitaire dans un contexte inhabituel de pandémie et de vaccination massive, il serait opportun de proposer une modification du thesaurus des médecins (ainsi que le Samu l’a bien volontiers accepté pour la dengue sur proposition d’un des médecins régulateur libéral du SAMU) qui consisterait à rajouter une ligne « vaccin Covid 19 / effets indésirables »
Et toute solution informatique qui permettrait que cet outil INCONTOURNABLE puisse jouer véritablement un rôle vital de veille épidémiologique, sans que ceci n’impacte ses missions (voire même lui permette d’améliorer sa prise en charge) et ce alors même que les remontées d’effets indésirables (comme les contaminations Covid chez des patients vaccinés, parfois même au décours immédiat de la vaccination) sont nombreuses et inexploitables à l’heure actuelle.

Nous tenons à souligner ici que de par notre pratique spécifique, par les remontées des acteurs de terrain avec lesquelles nous sommes en contact (pompiers, ambulanciers, infirmières et infirmiers) et par les remontées des citoyens de notre collectif, qu’il y a à ce niveau une déperdition extrêmement importante d’information que les autorités de santé ont à connaître.

Nous en témoignons aujourd’hui de façon officielle dans un désir de contribution à la sécurité sanitaire de nos concitoyens et de la nécessaire avancée de la science.


EN CONCLUSION


Reinfocovid 974 affirme et réaffirme que la plus grande prudence soit de mise concernant les publics non inclus dans les études initiales présentées par les laboratoires (enfants et femmes enceintes en particulier), et que le rapport bénéfices/risques individuel doit primer.

Les enfants ne peuvent être utilisés comme « réservoir vaccinal » dans l’optique de
« protéger les autres », alors même que pour chacun d’entre eux, le risque de la vaccination par ARM messager à ce stade est largement supérieur à un quelconque bénéfice.

ReInfoCovid 974 se tient à la disposition des autorités pour continuer à réfléchir ensemble et
fera encore des propositions visant à améliorer autant que possible les conditions de prise en charge de la population.

ReInfoCovid 974 regrette ainsi que 8 lits supplémentaires de la Réanimation Nord soient ainsi en passe d’être fermés. Ce qui va immédiatement impacter les patients Covid et non Covid, et indirectement les droits fondamentaux de la population de La Réunion qui sont de pouvoir se déplacer librement et sans aucun chantage vaccinal d’aucune sorte à l’heure même où ne sont pas réunies les conditions d’une mise en sécurité de la population.
En particulier de la possibilité donnée aux médecins de traiter librement et précocement les patients à risque de Covid en ville, ce qui contribuerait à faire baisser la pression hospitalière et rendrait
quasiment caduques l’état d’urgence sanitaire comme l’ont démontré nombre de pays dans le monde, et comme l’a reconnu le Sénat Américain il y a quelques jours.

Sources :
https://www.vidal.fr/infos‐pratiques/pharmacovigilance‐definition‐et‐modalites‐de‐
declaration‐id10431.html

Site du Collège National de Pharmacologie Médicale:
https://pharmacomedicale.org/pharmacologie/risque‐des‐medicaments/47‐effets‐
indesirables


LʹAMM Conditionnelle sur le site de Reinfocovid:
https://reinfocovid.fr/science/amm‐conditionnelle/

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